La communication non-verbale et l’interculturel

Alessandro Visentin expliquant un point de communication non-verbale lors d'un atelier

Compte-rendu

Dans “Between Cultures” du 29 juin 2017, une rubrique de psychologytoday.com, Marianna Pogosyan, Ph.D. publie un article intitulé “Non-Verbal Communication Across Cultures

Le sous-titre est clair : “Quand nos gestes parlent plus fort que nos mots.”

Elle recueille les propos du Docteur David Matsumoto*, un expert en matière de communication non verbale.

Vous pouvez lire l’article original ici

On ne prête pas souvent attention à la communication non verbale et pourtant, elle est primordiale dans nos rapports avec les autres. C’est encore plus important quand on n’a pas la même culture ni la même langue que notre interlocuteur. Cela fait la différence entre être compris ou pas.

L’interview du Docteur Matsumoto nous aide tout d’abord à mieux comprendre le rôle du non-verbal dans la communication tout court : il distingue entre les mots qui communiquent du contenu spécifique et le non-verbal qui communique certes du contenu mais pas seulement. Avec le non-verbal, on partage les intentions, les émotions, son avis avec son interlocuteur et cela en parallèle avec le langage verbal.

Au niveau inter-culturel, cela a encore plus d’importance : une personne qui s’exprime dans une autre langue sans en avoir intégré les aspects non-verbaux ne communiquera pas de manière efficace, même si les mots sont bien choisis : la communication peut-être source d’ambiguïtés, de quiproquos ou de conflits inter-culturels, même si on parle la langue couramment.

D’un autre côté, le non-verbal peut faciliter l’échange quand on ne parle pas couramment.

L’avantage de bien maîtriser le non verbal est la possibilité d’aller partout sans forcément connaître la langue et de pouvoir s’en sortir.

Les émotions et de leur impact dans l’échange avec des personnes issues d’une autre culture que la nôtre peuvent aussi être plus ou moins bien interprétées. L’émotion la plus facile à véhiculer est le bonheur. C’est aussi celle qui a le plus d’impact, comme toutes les émotions positives qui sont en général bien perçues.

Toutes les autres émotions peuvent être sujettes à mauvaise interprétation, surtout si elles sont négatives (frustration, dégoût, tristesse, surprise, peur ou inquiétude, etc.).

L’Homme a maîtrisé la communication non-verbale bien avant le langage et même si de nos jours, entre cultures, les moyens de s’exprimer sont différents, les similitudes sont bien plus grandes que ce qu’on croît. “La majorité des personnes veulent avoir de bonnes relations avec les autres,” affirme Matsumoto et la clé en est la communication. Le non-verbal est essentiel sur ce point, notamment quand nous n’avons pas les mots.

Le Docteur Matsumoto donne quelques conseils pour être efficace dans sa communication inter-culturelle :

  1. Essayez d’être agréable, c’est efficace.
  2. Montrez de l’intérêt pour les autres, leur langue et les objets de leur culture. Posez des questions et faites de l’interaction une aventure plutôt que du harcèlement.
  3. Essayez d’apprendre quelque chose d’important sur la langue et la culture de votre interlocuteur. Cela lui donnera envie de vous aider et vous permettra de vous sortir de l’embarras au besoin. Au fur et à mesure de vos interactions, vous progresserez.

Il n’est donc pas étonnant que les systèmes d’apprentissages des langues qui intègrent le non-verbal dans leur curriculum s’’en sortent bien mieux que s’il n’y a que des cours traditionnels qui ne se focalisent que sur la langue.

*Professeur de Psychologie à San Francisco State University, fondateur et directeur de SFSU’s Culture and Emotion Research Laboratory.

Illustration : Alessandro Visentin lors d’un débriefing où il explique  l’importance de la communication non verbale.